Visite guidée de l’exposition Barbi(e)turix : « On & off stage : ces femmes qui font bouger l’industrie nocturne et musicale »

1 février 2016, 20 h 08 min

articlepoly

Le jeudi 21 janvier, à l’occasion du lancement de la carte blanche de Barbi(e)turix planifiée dans le cadre de l’exposition Paris Musique Club à la Gaîté Lyrique, Polychrome s’est associé au collectif pour proposer à ses adhérentEs une visite guidée de leur exposition « On & off stage : ces femmes qui font bouger l’industrie nocturne et musicale ».

Dans l’espace de l’exposition dédié à leur carte blanche, les BBX ont proposé trois types de contenus :

– Sur le pan de mur principal, on trouvait une série de six portraits de femmes travaillant dans l’industrie musicale parisienne (à l’exception de Peaches – malheureusement). Le but était de représenter une diversité de corps de métier : artistes, techniciennes, programmatrices… Ces portraits prouvent que tous les secteurs de la scène musicale actuelle sont bel et bien investis par les femmes, à différents niveaux. S’il y a besoin de le prouver, c’est qu’on n’en parle pas, ou alors de manière extrêmement restrictive. En effet, comme l’a souligné Fany Corral au cours de la discussion qui a suivi la visite, l’écrasante majorité de modèles féminins diffusés par l’industrie musicale mainstream est composée de « chanteuses » (je mets le terme entre guillemets parce que j’aurais plutôt envie de dire « marionnettes ») indissociables d’un groupe de musiciens qui, derrière, se tapent tout le « vrai » boulot.

Les modèles photographiés sont Emeline Ginestet (directrice artistique du Rex Club, label manager et dj), Maud Scandale (manager de Sexy Sushi, Acid Arab et Mansfield.TYA, attachée de presse), Fany Corral (bookeuse et label manager de Kill the Dj), Sarah Nfifi, (régisseuse à La Machine du Moulin Rouge), Gloria Reiko Pedemonte (label manager de Tsunami Addiction) et enfin, au centre, majestueuse, rayonnante, Peaches.

Les portraits, tirés par Marie Rouge, sont dominés par un contraste de teintes rouges et bleues, obtenues à l’aide de néons, en écho au code couleur de Paris Musique Club.

– Sur un pan de mur adjacent étaient exposées des photos de femmes aux platines, prises là encore par Marie Rouge à l’occasion des soirées organisées par le collectif.

– En face, sur la cloison séparant l’espace d’exposition de l’entrée, ont été énumérés des noms de femmes djs, françaises ou non.

 ⇒ Malgré les contraintes spatio-temporelles qu’on imagine (peu de temps pour préparer l’exposition, et peu d’espace – même s’il a été optimisé), les Barbi(e)turix ont relevé le défi et c’est une réussite. Voilà le type d’initiative qui fait du bien, pour qui s’intéresse à la musique, pour qui s’intéresse aux filles, pour qui s’intéresse aux filles qui font de la musique. L’exposition, heureusement non-exhaustive, a valeur d’exemple : à présent que l’existence de ces femmes djs a ostensiblement été visibilisée, alors les hommes pourront difficilement feindre l’ignorance et, comme l’a dit Rag au sujet de la liste de noms, ils n’auront plus d’excuse pour ne pas les programmer plus souvent.

Ottoline Mary