L’adaptation théâtrale de King Kong Théorie par E. Jacquemard

7 février 2016, 17 h 29 min

cropped_visuel_1_c_pauline_bernardJeudi soir, grâce au partenariat mis en place pour l’occasion avec le théâtre des Déchargeurs à Châtelet, nous avons eu la chance d’assister à l’une des dernières représentations parisiennes de l’adaptation théâtrale du fameux King Kong Théorie de Despentes par Emmanuelle Jacquemard.

La pièce se compose d’un mélange subtilement agencé entre extraits du texte d’origine et séquences d’ « improvisation » entre les comédiennes. Le terme « improvisation » est entre guillemets dans la mesure où, même si on se doute que les dialogues et les gestes qui surgissent dans ces moments-là sont calculés d’avance, ils s’enchaînent avec une telle fluidité qu’on se sent immergé au sein d’un vrai groupe d’amies.

Un groupe d’amies comme on en connaît touTEs, où les fous-rires frôlent perpétuellement la limite entre complicité et provocation alimentée par les névroses inhérentes à la « condition féminine » (au sens de phénomène historicisable). En témoigne notamment le passage où, après avoir dansé lascivement en sous-vêtements en s’amusant avec un iPad, l’un des personnages devient furieux en constatant que sa culotte a été filmée en gros plan. Les quelques affronts qui parsèment le texte nous ramènent au constat sociétal bien connu des féministes : l’éducation des filles les pousse à se liguer les unes contre les autres, afin d’endiguer tout éventuel rassemblement des forces visant à détruire l’hétéropatriarcat.

« Il ne s’agit pas d’opposer les petits avantages des femmes aux petits acquis des hommes, mais bien de tout foutre en l’air. » Une expérience énergisante et inspirante.

Ottoline Mary