« La culture club peut devenir support à de multiples rencontres artistiques et lieux de création en tout genre »

20 avril 2016, 11 h 05 min

13054823_10208263808526815_178090522_oA l’occasion de la PARKINGSTONE III, dont Polychrome est partenaire, on a voulu en savoir un peu plus en posant quelques questions à Simon Thiébaut aka Drame Nature, qui est à l’origine de la soirée.

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(c) Crédit photos : François Quillacq

Ottoline : Qu’est-ce qui t’a poussé à lancer cette soirée ? Un besoin, une envie ?

Simon : Nous avions déjà lancé depuis juin dernier, avec Naelle Dariya et Bruce Lawayne, la Shemale Trouble, une soirée organisée par et pour les personnes transgenres avant tout. Le but était alors de promouvoir la scène artistique trans – un concept qui manquait cruellement selon nous à la nuit parisienne. Parkingstone, quant à elle, a vu le jour, plutôt suite à un coup de tête, en septembre dernier. Ayant suivi une formation artistique pendant 5 ans, j’ai beaucoup d’amis artistes around the world avec qui je reste en relation. La première s’est lancée de cette manière. Un ami performer de Los Angeles est venu sur Paris, alors j’ai voulu marquer le coup. La culture club peut devenir support à de multiples rencontres artistiques et lieux de création en tout genre. J’essaie en tout cas de prendre ce parti.

Ottoline : C’est quoi le concept/l’esprit de la soirée ?

Simon : J’ai voulu lancer cette soirée tout en m’affranchissant de la connotation soirée/djing/club. Je tenais à soutenir les associations à l’origine de l’ouverture de lieux devenant plateformes d’expressions diverses, résidences/ateliers d’artistes, salles de concert, d’expos, etc. Je me devais de lancer cette soirée donc dans un squat où on me laisse carte blanche sur toute la ligne. L’idée était vraiment de montrer au public les artistes, amis et personnes que je côtoie et/ou suis depuis un moment, tout en créant un évènement à part entière mêlant live, djing, performance, scéno, videoprojection, etc. Un esprit d' »art total ». De la boisson et une entrée plus qu’abordables, une variété artistique connue et moins connue jusqu’à l’international parfois (dans la mesure du possible bien sûr; Karma She de Tel Aviv, Marcel Alcalà de L.A, ou une scène européenne avec Victor Tricard de Berlin, Sergio Body Club d’Amsterdam ou encore des artistes confirmés tels que Bonnie Banane). Pas de limite particulière, une grande liberté d’expression.

Ottoline : Quel est le public visé ?

Simon : Mon public est majoritairement queer/gayfriendly, tout comme la scène que j’invite. J’aimerai que ça le reste. Mais je ne me fais pas de souci à ce niveau. Mes soirées sont ouvertes à tout le monde dans le respect de chacun. Seules les personnes aux propos homophobes/transphobes/machistes ou tout simplement au comportement déplacé se feront reconduire directement à la sortie. ça m’est déjà arrivé de le faire, je suis une bonne jauge pour ça!

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Ottoline : Au passage, pourquoi ce nom, « Parkingstone » ?

Simon : Plusieurs significations. C’est venu d’une amie dyslexique. Mais j’ai trouvé la consonance super! Parking-stone. Initialement, mes soirées se passaient à la Jarry. Le plus ancien et gros squat encore ouvert sur Vincennes qui ressemble clairement à un énorme parking de centre commercial. Stone. Bon pas besoin de dessin. Cette image me rappelle donc les petits gars de province qui viennent vraiment se « stoner » à l’herbe dans leurs bagnoles sur d’immenses plaines de bitume en poussant les décibels. Un peu, mes racines au final. ça sonne aussi un peu comme un roadmovie, non?

Ottoline : C’est quoi la logique du line-up ?

Simon : Peut-être que par la suite Parkingstone deviendra tout simplement un exposition collective. Qui sait. Mais pour le moment la logique du line up se fait aussi à la manière d’un curateur (attention, en toute modestie!) J’ai généralement une personne déjà bookée, puis je gère le reste de la line up en adéquation. Des artistes dans une même lignée, complémentaires mais avec un style différent. Des personnes qui se connaissent déjà mais n’ont jamais joué au même évènement ou qui, justement, se rencontrent aux Parkingstones pour la première fois. La bonne entente est toujours au rendez vous. Je me permets parfois de lancer des amis qui ont de très bons goûts mais qui ne s’étaient jamais essayés derrière les platines. Comme par exemple dernièrement, Hayett Belarbi Mc Carthy, la jeune égérie Burberry.

Ottoline : Par exemple, OK Lou, tu la connaissais déjà ?

Simon : Ok Lou je l’ai rencontrée par le biais d’un ami musicien lorsqu’elle répétait dans son studio. J’ai écouté son live en micro comité, bloqué dans un atelier à Télégraphe le soir des attentats. Etrange première rencontre! Généralement, les personnes que j’invite, je les connais de près ou de loin. Cela résulte toujours du fait que je suis issu du milieu de l’art tout en ayant travaillé beaucoup ces dernières années également en clubs. Je vous réserve d’autres surprises pour la suite!

D’ailleurs, une seconde soirée que j’organise en parallèle avec Laetitia Bech, La Thunderbreak, a vu le jour ces derniers mois. Atmosphère Gotho/Gamer/Fin des temps sur le meme principe d’inviter nos amis respectifs de l’étranger tout comme For You Katrina de Berlin, Nelson Beer de Londres ou les Fecal Matter de Montreal. Un nouveau lieu en cours pour ce projet qui commence à prendre de l’ampleur. Histoire à suivre.

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