Cette soirée clôture la 4e édition de la Biennale Masculins/Féminins qui aura lieu du 1er au 3 juin.

Les études sur le genre et les sexualités apparaissent historiquement dans les universités américaines et françaises grâce au combat féministe dans l’institution universitaire. D’abord pour assurer une plus grande place pour les femmes dans l’université, à la faveur entre autres des “women’s studies”, mais aussi et surtout pour mener le débat scientifique sur la déconstruction des savoirs, enfin, pour introduire une autre manière d’enseigner et de transmettre le savoir. Même controversée, l’institutionnalisation du féminisme, et des féminismes dans l’institution universitaire, soulève la question du militantisme et de l’engagement, dans l’institution, mais aussi et surtout entre la société civile et l’université. Or la séquence historique anglo-américaine n’est pas celle de l’université française, tant sur la question du féminisme que sur l’institutionnalisation des études de genre. Le but de la 4e biennale est d’examiner justement la présence, l’absence, voire l’éclipse du féminisme dans l’institution universitaire. Le genre et les sexualités jettent-ils du reste le féminisme dans l’ombre ? En plus de séances plénières, le colloque invite des communications sur différents ateliers thématiques, tout en mettant l’accent sur le parcours et l’expérience de féministes dans l’université, celles et ceux qui s’en réclament sans avoir travaillé scientifiquement sur le sujet, celles et ceux qui en ont fait un sujet de recherche, celles et ceux qui militent dans la société civile.

Plus d’infos : https://biennalemasfem4.sciencesconf.org/

Warm-up Polychrome.

Conférence-performance. L’aquagymologie est une nouvelle discipline scientifique, créée par Clélia Barbut et Charlotte Hubert. Elle vise à faire un état des recherches sur l’aquagym, car cette pratique est très mal connue de la littérature académique, mais aussi à produire une science qui n’existe pas. Partant de cette incongruité, il s’agit de créer du savoir autant que de le mettre en scène. À travers la forme de la conférence-performance, le langage universitaire vient informer les corps sans gravité, en même temps que les abdo-fessiers infiltrent la posture du conférencier. Professer depuis le périnée permet de donner voix aux bavardages discrets qui accompagnent les cours d’aquagym, mais aussi de mettre à l’épreuve la désincarnation du discours scientifique. Nous évacuons d’emblée la question de la vérité. Isabelle Adjani joue la « musique aquatique » de Georg Friedrich Haendel à la flûte à bec. On discute de l’essai de David Hasselhoff sur les enjeux conceptuels de la frite en mousse. Et si le naufrage du Titanic s’était en réalité déroulé dans une piscine gonflable ?

Le projet est utopique. Il ouvre un monde dans lequel il est difficile de différencier la parole académique du commérage, le vrai du faux, l’érudit de l’anonyme. Dans lequel s’inventent de nouvelles manières de flotter.

Concert : Circuit Bending, 8-bit, Hurlements et Bisous. Fugu Romance et Guttu Rageuse se sont rencontrées dans le pédiluve de la piscine municipale de Pripiat. Dotées toutes deux de nageoires caudales et de cheveux longs elles se mirent à jouer ensemble dans de nombreuses stations balnéaires. Un jour, de manière totalement arbitraire et inexpliquée, leur chant provoqua la mort d’un passant. Ayant de faibles revenus et une grande conscience écologique, elles décidèrent de récupérer la dépouille afin de se nourrir. Étrangement, leurs estomacs ne purent dès lors rien digérer d’autre que de la chair humaine. Depuis, c’est par leur musique qu’elles amadouent les spectateurs les plus appétissants, profitant du flou juridique concernant les cas de cannibalisme consenti.

https://soundcloud.com/sirens-carcass
https://vimeo.com/119982550

Lieu : Le TRUC, 17, rue Fernand Léger, 75020
Prix libre.