LES CRIMES PASSIONNELS

• 27 mai 2015 • 

Conférence par Tobie Nathan et Emmanuel Pierrat
Cycle Décalages : les autres et nous, par l’Université Populaire du Quai Branly

Les crimes passionnels et la jalousie des profondeurs, par Tobie Nathan (théoricien et promoteur de l’ethnopsychiatrie contemporaine)

L’histoire des crimes passionnels est en vérité celle de la jalousie et la relative indulgence dont ils ont longtemps bénéficié auprès des tribunaux. De Médée à Othello, le meurtre jaloux a toujours été condamné mais on pouvait éprouver de la sympathie pour ses motifs. Le monde moderne a bouleversé les données : la jalousie, critiquée par Marx, interdite par la morale sartrienne, dénoncée par les interprétations psychanalytiques, raillée par les gauchistes, ne trouve encore grâce que dans les interprétations sorcières des églises évangéliques.

Le crime passionnel est l’un des méfaits les plus complexes à analyser, par Emmanuel Pierrat (avocat au Barreau de Paris)

Comment concevoir un crime basé d’abord sur l’amour, qui in fine, emporte respect, prévenance et soin ? Le crime passionnel se fonde en effet sur la passion, c’est à dire un amour teinté de déraison. Dans l’histoire judiciaire, certains crimes passionnels ont recueilli de la clémence de la part des jurés. Aujourd’hui, ces considérations sont quelque peu dépassées. Au contraire, le lien conjugal est par exemple, depuis près de 10 ans, une circonstance aggravante lors d’un meurtre. Le sujet nous oblige à étudier la façon dont notre société et notre justice réagit à ce type de crime.

Lieu : Théâtre Claude Lévi-Strauss, Musée du Quai Branly – 37 Quai Branly, 75007 Paris

Accès libre dans la limite des places disponibles