Les love doll au Japon

• 9/11/20016 à 18h30 • École du Louvre

Une conférence par Agnès Giard.

La firme pionnière des love doll au Japon, Orient Industry, créé depuis la fin des années 70 des répliques de corps humains grandeur nature vendus comme “compagnes de substitution”. Toute la stratégie marketing de la firme consiste à dire que ces poupées peuvent parfaitement remplacer l’humain.

À grands renforts de catalogues conçus pour troubler les frontières du genre, les poupées sont commercialisées non pas en tant que produits mais en tant que “jeunes filles à marier” ou “à adopter”, suivant une rhétorique largement adoptée au Japon non seulement par les firmes concurrentes mais par les clients et les médias.

Ce discours qui fait de la love doll l’équivalent de la femme idéale, est-il en accord avec ce qui se fait sur le terrain, dans les ateliers où sont élaborées les love doll ?

Quelle logique préside à leur usage ? Qui les achète et pourquoi ?

En étudiant la façon dont les love doll sont fabriquées, vendues puis appropriées, j’aimerais dégager quelques caractéristiques de la culture érotique japonaise contemporaine et la mettre en perspective avec la façon dont, en Occident, nous envisageons le rapport aux individus non réels.

Agnès Giard est chercheur associé à l’Université de Paris Ouest, au laboratoire Sophiapol et docteur en anthropologie. Elle a participé aux expositions Persona, étrangement humain (Quai Branly) et Miroirs du désir (Musée Guimet). Elle est l’auteur d’Un Désir d’humain (Les Belles Lettres, 2016) et de quatre ouvrages consacrés à l’amour et à la sexualité au Japon, dont deux sont traduits en japonais.

Conférence gratuite
Inscription OBLIGATOIRE sur bit.ly/2eyyEjj
Lieu : Ecole du Louvre – Palais du Louvre, Porte Jaujard, 75001 Paris
Amphithéâtre Michel Ange